Conclusions des Assises africaines de l’intelligence économique 2019 – Abidjan

La 4ème édition des assises Africaines de l’intelligence économique a débuté le lundi 30 septembre 2019 à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire, initiant la Semaine de l’Innovation. Ainsi pendant deux jours nous avons échangé et partagé sur la thématique de l’intelligence économique sur le continent. Pour mémoire l’intelligence économique rassemble les actions coordonnées de collecte, de traitement et de diffusion en vue de son exploitation, de l’information utile aux décideurs économiques. En clair, faire en sorte que les bonnes personnes (et en particuliers les décideurs) puissent bénéficier de la bonne information au bon moment et sous la bonne forme.

Nous constatons que le sujet intéresse bien évidement les entrepreneurs au premier rang desquels se trouvent les startup-ers africains présents pour le Lab, événement qui prolonge la Semaine de l’innovation.

Sous le parrainage de Monsieur Amadou GON COULIBALY, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Ministre du Budget et du Portefeuille de l’État et sous la Présidence de Monsieur Emmanuel Esmel ESSIS, Ministre auprès du Premier Ministre, chargé de la Promotion de l’Investissement Privé, les Assises ont rassemblé près de 300 personnes autour de tables rondes et ateliers riches et pertinents.

Nous tenons à remercier ici, Monsieur le Ministre Emmanuel Esmel ESSIS et Monsieur le Président Faman TOURE pour leur contribution à cet évènement. Leurs institutions respectives, le Centre de Promotion et des Investissement de Côte d’Ivoire (CEPICI) et la Chambre de Commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire (CCI) ont largement contribué avec leurs équipes, aux succès de cette 4ème édition Ivoirienne des Assises Africaines de l’Intelligence Economique. Nos remerciements sont aussi adressés aux autres partenaires, sans qui la tenue des Assises n’aurait pu se faire : la CPCCAF, l’Université Senghor, la French Tech ainsi que les différents sponsors, Sindup, Troover, KB Crawl et La Voie Express.

L’ouverture des Assises par le Ministre Emmanuel Esmel ESSIS, Monsieur le Président Faman TOURE et Monsieur le Chef du Service de l’Information Stratégique et de la Sécurité Économiques de la Direction Générale des Entreprise du Ministère de l’économie et des Finances Français, Monsieur Joffrey CELESTIN-URBAIN ont permis de souligner la nécessité de renforcer les pratiques existantes en matière d’intelligence économique en Côte d’Ivoire :

  • la mise en place de dispositif national d’IE,
  • le renforcement des compétences des équipes en place en intelligence économique
  • le besoin de coordonner les différents acteurs publics et privés, académiques et associatifs dans le domaine de l’intelligence économique

L’idée de fédérer les agences étatiques francophones en charge de l’intelligence économique a d’ailleurs été lancée, lors de nos échanges.

Plus tard, les retours d’expérience de mise en place de dispositifs d’intelligence économique au Sénégal et en République du Congo ont été présentés. Les mêmes besoins de coordination et de renforcement des compétences ont été partagés. Il est ressorti également la nécessité de placer l’organisme en charge de l’intelligence économique ou de la sécurité économique (selon le vocable retenu) ainsi que de l’animation du dispositif, au plus haut niveau de l’état, la Primature ou la Présidence de la République.

Une première table ronde thématique sur l’intelligence économique, le numérique et l’intelligence artificielle a permis de définir les limites entre la valeur ajoutée humaine et la place des outils pour la plupart automatisés et issus des technologies de l’intelligence artificielle dans les dispositifs d’intelligence économique et plus particulièrement de veille.

Un état de l’art de l’intelligence économique en Côte d’Ivoire a également été dressé dans une deuxième table ronde. Puis dans différents pays du Continent : Mali, Sénégal, Burkina Faso, Congo, Tunisie, Maroc. Des méthodes et des outils ont été présentés et des points de vigilance abordés comme l’extraterritorialité, l’arbitrage international ou encore la propriété intellectuelle.

Nous avons pu aussi partager nos expériences et bonnes pratiques lors de soirées conviviales d’échanges et de rencontres : une première plus festive aux couleurs de la Côte d’Ivoire offerte au nom de Gouvernement par le Ministre auprès du Premier Ministre, chargé de la Promotion de l’Investissement Privé et le CEPICI. Nous avons pu profiter de très belles prestations d’intelligence culturelle, artistique et musicale profondément ivoiriennes. Une seconde soirée dédiée à la francophonie a été offerte aux participants à la Résidence de l’Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Elle a  permis aux participants de partager et de resauter. La francophonie nous a justement paru comme une troisième voie possible en matière de guerre économique entre l’approche états-unienne et la vision chinoise. Notre langue commune et derrière elle notre approche francophone d’aborder l’information et les sciences qui y sont abordées nous parait une force pour présenter un modèle efficace d’aide à la décision : l’intelligence économique francophone. Nous avons toutefois tenté, lors d’un atelier collaboratif et très participatif de définir les spécificités africaines de la façon d’appréhender l’information et plus largement l’intelligence économique. Nous avons retenu entre autres la solidarité, l’approche culturelle voire traditionnelle, la résilience, la redevabilité, le poids de l’informel, le conformisme, la proximité ou encore une approche temporelle particulière. Il nous semble nécessaire d’intégrer et de prendre en compte tous ces critères pour contextualiser l’intelligence économique sur le continent africain pour en faciliter sa compréhension par tous et son adhésion par chacun.

Il est donc ressorti de nos échanges la nécessité de coordination entre les différents acteurs et plusieurs outils ont été présentés en ce sens, mais aussi le renforcement des compétences avec notamment des formations adaptées dont, là aussi, plusieurs initiatives ont été détaillés.

Nous sommes également convaincus du besoin toujours présent de sensibiliser les différents acteurs économiques à l’intelligence économique, non pas pour faire de la veille pour la veille ou par simple curiosité voire voyeurisme mais bien comme un outil d’aide à la décision. Alors, en guise de conclusion de cette 4ème édition des Assises Africaines de l’Intelligence Economique, nous proposons aux autorités publiques, entrepreneurs et startup-ers africains un certain nombre de recommandations :

  • Maitriser son environnement informationnel par la définition des informations utiles qu’il faudra rechercher, mais aussi des informations sensibles à protéger.
  • Aborder ses investigations avec méthode, ce qui permettra de choisir les outils adaptés pour la collecte, l’analyse, le stockage, la diffusion et l’exploitation des informations
  • Elaborer des stratégies de guerre de l’information et d’influence au service de ses objectifs
  • En bref être bien informés pour mieux décider.

La 4ème édition des Assises Africaines de l’Intelligence Economique a enfin permis aux intervenants et participants de visiter le Centre de Gestion Intégrée et de veille du Ministère des Transports de la Côte d’Ivoire. Ce fut un beau dispositif opérationnel au service de la veille du transport qui a été présenté.

Au terme de cette 4ème édition des Assises nous remercions encore et surtout l’ensemble des intervenants sans qui cet événement ne serait pas possible. Experts et praticiens de l’intelligence économique en Afrique, ils nous ont apporté leurs expériences cette année encore et nous pensons pouvoir dire que tous les participants des Assises de l’intelligence économique ressortent de ces trois jours nourris et enrichis, mieux informés et j’ose le dire … plus intelligents !

Merci enfin à tous les participants qui sont venus des différents pays d’Europe et d’Afrique pour suivre et participer à ces Assisses. Nous vous donnons rendez-vous l’année prochaine pour une édition congolaise.

François JEANNE-BEYLOT,
Secrétaire général des Assises